Pedro Ferreiro, directeur du programme « Gouvernance et moyens de subsistanceSFP , a animé une table ronde sur le leadership du secteur dans le domaine de la pêche artisanale lors du salon Seafood Expo Global 2026 à Barcelone. Les participants ont abordé plusieurs points clés, notamment :
- L'autonomisation des acteurs du secteur de la pêche artisanale rend la conformité et la durabilité possibles : lorsque les petits pêcheurs et les propriétaires de bateaux sont habilités à participer à la prise de décision, bénéficient du soutien organisationnel et technique nécessaire et disposent de canaux de communication directs avec les marchés, il devient tout à fait possible d'améliorer la gouvernance et de fournir des données probantes sur les exigences du marché.
- La gouvernance du secteur de la pêche relève de la responsabilité commune de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, et ne concerne pas uniquement les pêcheurs et les décideurs politiques : une gestion efficace n'est pas un fardeau qui doit être supporté uniquement par les acteurs en amont ou par les gouvernements. Le secteur doit reconnaître son rôle dans la mise en œuvre de cette gouvernance en co-investissant dans les « biens publics » qui en assurent le bon fonctionnement, tels que les systèmes de données, la surveillance et le renforcement des organisations de producteurs.
- Passer d’une approche « exigeante » à une approche « facilitatrice » : pour se conformer aux nouvelles normes réglementaires (telles que le règlement européen sur le devoir de diligence ou la directive européenne sur le greenwashing), le secteur doit passer de la simple définition d’exigences à la création active des conditions nécessaires à la réussite. Cela implique de s’éloigner d’un modèle transactionnel pour s’orienter vers des partenariats à long terme qui tiennent compte des réalités opérationnelles sur le terrain.
- Le leadership des producteurs est le moteur du changement : l'initiative dont font preuve des plateformes organisées telles que l'ASOAMAN et le COREMAHI dans le Pacifique Sud démontre que les producteurs sont prêts à prendre les rênes. En apportant leurs propres données et leurs connaissances scientifiques aux forums régionaux (comme la CITT), ils sont passés du statut de « fournisseurs passifs » à celui de partenaires à part entière dans la gouvernance.
- Intégrité du marché – Privilégier les mesures concrètes plutôt que les « FIP sur le papier » : cette session a mis en avant un appel à l'action crucial destiné aux acheteurs : privilégier la traçabilité et collaborer avec des groupes organisés afin de garantir que les allégations en matière de durabilité s'appuient sur des progrès réels à bord des navires, en évitant les initiatives « purement théoriques » qui ne s'ancrent pas dans les communautés de pêcheurs.
Comme l’a souligné M. Ferreiro lors de la séance : «Le rôle de l’industrie des produits de la mer n’est pas seulement de placer la barre haut, mais aussi d’aider à construire l’échelle qui permettra aux pêcheries artisanales, pilier de notre approvisionnement mondial, de l’atteindre. »
Parmi les intervenants figuraient :
- Alejandro Castro, responsable du développement durable,Profand Group
- Francisco Javier Alarcón Holguín, armateur,ASOAMAN
- Dave Parker, responsable du département Pêche et aquaculturechez Sainsbury’s
- George Pinto, président del'ASOAMAN
(de gauche à droite) Pedro Ferreiro, Francisco Javier Alarcón Holguín et Dave Parker
(de gauche à droite) Francisco Javier Alarcón Holguín, Dave Parker, Alejandro Castro et George Pinto